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Molière et le classicisme

Le 13 juin 2014, 01:26 dans Culture 0

A - Quelques notes biographiques sur Molière

 

1622 : naissance de Jean-Baptiste Pocquelin.

 

1631 : son père, un maître tapissier, obtient la charge de valet de chambre et de tapissier du roi, ce qui représente une ascension sociale pour cette famille bourgeoise aisée.

 

1632 : mort de sa mère.

 

1642 : héritier de la charge de son père et licencié en droit, il est attiré par la philosophie (il aurait alors côtoyé l’épicurien Gassendi et les libertins Chapelle et Cyrano de Bergerac). Grâce à sa rencontre de la famille de comédiens Béjart, il s’intéresse aussi au théâtre.

 

1643 : il renonce à sa charge de tapissier du roi au profit de son frère cadet et fonde, avec ses amis Béjart et d’autres acteurs, la troupe de l’Illustre Théâtre.

 

1644 : il adopte le pseudonyme de Molière.

 

1645 : poursuivi pour dettes, Molière est emprisonné puis libéré grâce à son père et il quitte Paris. Il ne finira de s’acquitter de ses dettes que quinze ans plus tard.

 

1645-1658 : la troupe de Molière effectue de longues tournées en province. Au milieu des années 1650, Molière écrit ses premières pièces.

1658 : Monsieur, frère de Louis XIV, devient le protecteur de la troupe, qui joue une tragédie de Corneille, Nicomède, et une farce, Le Docteur amoureux, écrite par Molière, devant le roi Louis XIV et sa cour. Premiers succès.

 

1659 : création des Précieuses ridicules.

 

1661 : création de Dom Garcie de Navarre ou le Prince jaloux, une tragi-comédie, puis de L’École des maris, deux pièces mineures, mais qui seront liées au Misanthrope.

 

1662 : Molière épouse la comédienne Armande Béjart, qui a 20 ans de moins que lui. Création et triomphe de L’École des femmes. Le parti dévot accuse Molière de libertinage.

 

1663 : Molière reçoit une pension du roi au titre de « bel esprit et excellent poète comique ». Ses succès lui valent de nombreux ennemis.

 

1664 : Louis XIV est le parrain du fils de Molière, Louis, qui meurt en bas âge. Jugée scandaleuse, la pièce Tartuffe, qui dénonce l’hypocrisie religieuse et dont trois actes ont été représentés, est interdite à la demande d’Anne d’Autriche, la mère du roi Louis XIV.

 

1665 : création de Dom Juan, qui obtient un grand succès. La troupe de Molière devient la « troupe du roi ».Les infidélités de l’épouse de Molière alimentent la calomnie des ennemis de celui-ci. Naissance de sa fille, Esprit-Madeleine, qui mourra en 1723.

 

1666 : création du Misanthrope.

 

1667 : nouvelle interdiction de Tartuffe, remanié par Molière et donné en public après la mort d’Anne d’Autriche, qui était le principal soutien du parti dévot.

 

1668 : création d’Amphitryon, de L’Avare et de la troisième version de Tartuffe.

 

1669 : mort du père de Molière.

 

1670 : création du Bourgeois gentilhomme.

 

1671 : création des Fourberies de Scapin.

 

1672 : création des Femmes savantes. Naissance et mort du troisième enfant de Molière, Pierre.

 

1673 : pris d’un violent malaise en scène lors de la quatrième représentation du Malade imaginaire, dont il interprète le rôle principal, Molière meurt alors qu’on le transporte chez lui. Le roi doit intervenir pour que, malgré l’interdiction de l’Église, il soit enterré religieusement.

 

B – Le classicisme

 

Le classicisme se réfère auxhumanités, c’est-à-dire auxclassiques de la littérature grecque et de la littérature latine. Cet intérêt pour l’Antiquité se traduit par un souci et un respect de l’ordre, de la simplicité, de la régularité et de la mesure. Les artistes de la période classique empruntent souvent leurs sujets aux Anciens : La Bruyère (1656-1696) modèle ses Caractères d’après Théophraste; La Fontaine (1621-1695) imite les fabulistes Ésope et Phèdre; Molière prend le sujet de sa comédie Amphitryon chez Plaute, et Racine (1633-1699) ainsi que Corneille (1606-1684) s’inspirent des tragiques grecs et de Sénèque dans leur théâtre.

 

Dans les beaux-arts, on réintroduit les trois ordres architecturaux grecs (dorique, ionique et corinthien) et le classicisme se définit par opposition au baroque, qui l’a précédé, esthétique où prédominaient les courbes, les torsades et le trompe-l’œil. Les jardins que Lenôtre élaborera pour le palais de Versailles représentent bien l’idéal classique : tous les espaces y sont soigneusement découpés pour en faire un modèle de régularité.

 

La Princesse de Clèves (1678), de Madame de La Fayette (1634-1693), rompt lui aussi avec le baroque en littérature : au contraire des romans baroques, aux intrigues souvent décousues et s’étendant sur plusieurs volumes, c’est un roman concis et structuré.

 

Le classicisme accorde aussi une très grande valeur à la raison, comme le prescrit Boileau (1636-1711) qui, dans son Art poétique (1674), énonce les règles du classicisme :

« Aimez donc la raison; que toujours vos écrits

Empruntent d’elle seule et leur lustre et leur prix. »

 

À cette volonté de prescrire des règles en art correspond la création de diverses institutions visant à insuffler de l’ordre dans les domaines où elles s’inscrivent. Ainsi, l’Académie française, créée en 1635 par Richelieu, œuvre à la rédaction d’un dictionnaire, pour codifier la langue française, d’une rhétorique et d’une grammaire visant à distinguer le bon usage du mauvais en matière de langue.

 

Dans les années 1640, les codifications se font aussi plus précises au théâtre : des théoriciens comme Chapelain et l’abbé d’Aubignac contribuent à établir des règles visant à structurer le théâtre. La règle des trois unités est la principale en cette matière :

  1. l’unité d’action (l’intrigue de la pièce doit s’articuler autour d’un seul sujet, d’une action unique. À cet égard, les intrigues secondaires sont proscrites.

  2. l’unité de temps (l’action doit se dérouler en vingt-quatre heures). Cela vise à faire correspondre le temps fictif de la pièce de celui de la représentation théâtrale, dans le but de renforcer l’illusion dramatique.

  3. l’unité de lieu (l’action doit se dérouler en un seul lieu). Il s’agira souvent de la salle d’un palais (espace neutre).

 

Boileau résume ces trois unités comme suit :

« Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli

Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. »

 

On peut y ajouter l’unité de ton (issue d’une volonté de distinction des genres comédie/tragédie) avec ce que cela implique de spécificité quant au sujet, aux héros et au niveau de langue.

En outre, à ces types d’unités se greffent deux règles, inspirées de la Poétique d’Aristote :

  1. la bienséance interne (ou vraisemblance)

L’action dramatique doit être crédible; une impression de vérité doit s’en dégager. De plus, les actes et les sentiments des personnages doivent être conformes à leur rang.

« L’esprit n’est point ému de ce qu’il ne croit pas. » (Boileau)

 

  1. la bienséance externe

L’œuvre doit respecter les usages et les conventions; elle ne doit pas choquer le public. Toute atteinte au bon goût et tout crime commis sur scène sont dès lors interdits. En conséquence, on procède plutôt par récit : plutôt que de montrer une scène horrible qui pourrait déroger à la règle de bienséance, un personnage livre sur scène le récit des actes en question, qui se sont déroulés hors scène.

C’est avec les tragédies de Jean Racine que le respect des unités du classicisme a connu son plus bel accomplissement. Mais ces règles ont aussi exercé beaucoup d’influence sur la comédie classique telle que la pratique Molière avec Le Misanthrope, où les trois unités sont respectées.

 

Le Misanthrope, de Molière

 

Genre littéraire : théâtre; sous-genre : comédie (ou grande comédie, ou haute comédie)

Structure : 5 actes

Personnages principaux : ils sont de 8.

Alceste

Célimène

Philinte

Éliante

Oronte

Arsinoé

Acaste

Clitandre

Personnages secondaires : ils sont au nombre de 3.

Basque

Un garde

Du Bois

Première représentation de la pièce, par Molière et sa troupe : 4 juin 1666 à Paris, sur la scène du Palais-Royal.

La pièce obtient un succès d’estime.

Le Misanthrope, Tartuffe et Dom Juan sont considérés comme les trois chefs-d’œuvre de Molière.

Le Misanthrope parut en 1667, le titre étant suivi d’un sous-titre : Le Misanthrope ou l’Atrabilaire amoureux.

 

 

Modèle de conclusion II

Le 11 juin 2014, 21:13 dans Humeurs 0

Pour conclure (pour concluir), on peut dire que la scène traite (le livre parle) surtout d'un désaccord entre Alceste et Philinte au sujet de la politesse que l'on doit témoigner en société. D'un coté, Alceste souhaite que l'on soit toujours sincère, contrairement à (manquait) Philinte, (virgule) qui (manquait) est convaincu qu'il faut savoir mentir. Tandis (Pendant) qu'Alceste (liaison avec 'que') dénonce l'hypocrisie de la politesse mondaine, Philinte redoute les conséquences d'une sincérité absolue en société. Le désaccord entre les deux amis se montre évident lorsqu'Alceste (liaison avec 'lorsque')juge sévèrement Philinte parce que celui-ci s'adapte aux pratiques de la mondanité de l'époque en échangeant des compliments avec des gens qu'il connaît peu. Cependant (nouvelle phrase), Philinte tente (teinte)de servir à Alceste sa propre médecine en lui parlant de la mauvaise réputation que la volonté de franchise de celui-ci lui vaut. Si on compare la scène (le texte) avec la célèbre phrase « la vérité  fait mal », (virgule) on peut voir que cela correspond à (on suivre) la pensée de Philinte, qui dit que si on est toujours sincère, (virgule)comme le veut Alceste, on va finir par blesser les personnes qui sont autour (au tour) de nous.

 

Légende :

Rouge = erreurs

 

Mauve = bonne réponse

Modèle de conclusion

Le 11 juin 2014, 19:42 dans Humeurs 0

I.Sujet d’analyse littéraire

 

Dans la première scène de l’acte I du Misanthrope de Molière, Alceste et Philinte ont un désaccord au sujet de la politesse que l’on doit témoigner en société [FC]. Montrez, d’une part, qu’Alceste souhaite que l’on soit toujours sincère [IP1] et, d’autre part, que Philinte est convaincu qu’il faut savoir mentir [IP2].

 

[IP1] Alceste souhaite que l’on soit toujours sincère.

 

[IS1] Alceste dénonce l’hypocrisie de la politesse mondaine.

 

Preuve 1 : « Je veux que l’on soit homme, et qu’en toute rencontre / Le fond de notre cœur dans nos discours se montre / Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments / Ne se cachent jamais sous de vains compliments ». (v. 69-72)

 

[IS2] Alceste juge sévèrement Philinte parce que celui-ci s’adapte aux pratiques de la mondanité de l’époque en échangeant des compliments avec des gens qu’il connaît peu.

 

Preuve 2  : «  Morbleu! C’est une chose indigne, lâche, infâme, / De s’abaisser ainsi jusqu’à trahir son âme /Et si, par un malheur, j’en avais fait autant, / Je m’irais de regret pendre tout à l’instant ». (v. 25-28)

 

[IP2] Philinte est convaincu qu’il faut savoir mentir.

 

[IS1] Philinte redoute les conséquences d’une sincérité absolue en société.

 

Preuve 3 : « Il est bien des endroits où la pleine franchise / Deviendrait ridicule et serait peu permise […]. / Serait-il à propos et de la bienséance / De dire à mille gens tout ce que d’eux on pense ? / Et quand on a quelqu’un qu’on hait ou qui déplaît, / Lui doit-on déclarer la chose comme elle est ? ». (v. 73-74 et 77-80)

 

[IS2] Philinte tente de servir à Alceste sa propre médecine en lui parlant de la mauvaise réputation que la volonté de franchise de celui-ci lui vaut.

 

Preuve : «  Et, puisque la franchise a pour vous tant d’appas, / Je vous dirai tout franc que cette maladie, / Partout où vous allez, donne la comédie, / Et qu’un si grand courroux contre les mœurs du temps / Vous tourne en ridicule auprès de bien des gens ». (v. 104-108)

 

Conclusion

 

En somme, [FC] il a été montré que, dans la première scène de l’acte I du Misanthrope de Molière, Alceste et Philinte ont un désaccord au sujet de la politesse que l’on doit témoigner en société. [S] En effet, Alceste, qui souhaite que l’on soit toujours sincère, dénonce l’hypocrisie de la politesse mondaine et condamne Philinte de s’adonner à cette pratique par les faux compliments qu’il adresse à des gens qui lui sont pour ainsi dire inconnus. Philinte, quant à lui, est convaincu qu’il faut savoir mentir, car il redoute les conséquences d’une sincérité absolue en société. Aussi tente-t-il de servir à Alceste sa propre médecine en lui parlant de la mauvaise réputation que la volonté de franchise de celui-ci lui vaut. [O] Il est vrai qu’un proverbe dit que

« toute vérité n’est pas bonne à dire » et qu’on entend aussi parfois affirmer que « ce qu’on ne sait pas ne nous fait pas mal ». Cependant, pour en rester à la sagesse populaire, on dit aussi que « le mieux est l’ennemi du bien », ce qui semble bien correspondre au cas d’Alceste, puisque c’est moins son légitime désir de transparence que l’intransigeance avec laquelle il cherche à l’appliquer qui lui occasionne des ennuis.

 

Autre exemple d’ouverture :

 

Dans sa pièce intitulée Tartuffe, Molière dénonce l’hypocrisie religieuse et la fausse dévotion. Avec Le Misanthrope, c’est à l’hypocrisie mondaine que s’en prend Alceste en condamnant Philinte puis Célimène. Les personnages de Tartuffe et de Célimène sont d’ailleurs en fin de compte démasqués et ridiculisés, mais tel ne sera pas le cas de Philinte, qui incarne, quant à lui, une forme raisonnable et assez modérée de la sociabilité mondaine.

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